la voix du nord

direction
mercredi 01.07.2009, 04:56 Plus rien ne passait les barrières de l'usine en fin de matinée, les licenciés ont décidé de bloquer l'entrée jour et nuit jusqu'à la rencontre de jeudi avec la direction.

La tension est montée d'un cran, hier matin, après la sortie bredouille des délégués syndicaux de la réunion avec la direction. Les salariés ont, pour la première fois depuis l'annonce des licenciements le 12 mars dernier, décidé de bloquer les mouvements de camions, jour et nuit.


La rencontre tant attendue entre représentants des salariés et patrons de PPG s'est tenue comme prévue au Novotel de Valenciennes. Pour le reste, rien ne s'est vraiment déroulé comme les salariés l'espéraient. « On nous a dit que si on ne trouvait pas d'accord, le site fermera plus vite. Mais ils ne veulent rien entendre de nos propositions (voir notre dernière édition). » Des contradictions, les délégués syndicaux en soulèvent chacun leur tour. « Soi-disant que si les 240 personnes qui vont être licenciées ne demandent pas trop, le reste pourra servir à faire des investissements sur le site. Mais à côté de ça, on fait passer le temps de production des résines de 5/8 à 3/8... et on ne nous donne pas de tonnages supplémentaires. » Les constats fusent : « À nous, on dit que l'augmentation des frais fixes ce n'est rien alors que sur le site de Ruitz, on supprime 15 postes parce qu'ils sont trop importants. » Autant d'ombres sur l'avenir de PPG Saultain qui incitent le personnel à « tenir bon » et à changer son action. « Jusqu'ici on a été raisonnable, on a toujours travaillé , crie un de ceux qui ont décidé la grève, c'est eux qui mettent le feu ! » Il fait référence aux propositions rapportées par les délégués, notamment à la prime de 120 000 E par personne réclamée par l'intersyndicale que la direction ramène à un 15 000 E (huit fois moins). « On devra peut-être faire un pas en arrière mais la direction devra faire trois ou quatre pas en avant... » quantifiait un des négociateurs pour donner un ordre d'idée. « Si nos propositions sont irréalistes on leur demande à eux d'en faire une qui soit décente ! »

La mort d'un site ?


Car les 11,5 millions par an d'économie réalisés grâce à ce plan social, les futurs ex-employés qui ont passé leur vie dans l'entreprise entendent bien en profiter. Devant Fabien Thiémé, le maire de Marly qui les a invités à faire le point vers 12 heures, les syndicats ont d'ailleurs donné d'autres chiffres : « En 1995, on était 850 salariés. En 2010, on sera moins de 200... Où elle est la pérennité de l'entreprise ?

C'est du démantèlement ! » Après les avoir écoutés, le premier magistrat PC embraye : « On va monter la garde ! Je vais faire un appel à la population pour la période de vacances... On est parti pour un combat très long ! » Dans l'après-midi, l'intersyndicale n'a rien obtenu de significatif, selon elle : « La direction a lâché un mois de plus pour l'ancienneté et parle de 1,8 million d'investissement afin de pérenniser à deux ans... » La prochaine rencontre avec les patrons a été fixée à jeudi. Aujourd'hui, vers 13 h, les salariés de PPG montreront leur mobilisation en allant déposer une gerbe symbolique aux monuments aux Morts de Saultain. •


PAR MURIELLE TISON-NAVEZ

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